
Komanda-Luna, 27 avril 2026
8h-10h : c’est le nouvel horaire scolaire imposé aux enfants de Bandavilemba. Dans la chefferie des Walese Vonkutu, des enseignants payés par l’État vident les classes à 10h et renvoient les élèves chez eux. L’APDEF dénonce un “enterrement programmé” de l’éducation.
Deux heures pour apprendre, une vie pour regretter.
Sur l’axe Komanda-Luna, territoire d’Irumu, des centaines d’écoles dites “retournées” tournent au ralenti. Le constat de l’APDEF est brutal : absences non justifiées, enseignants qui viennent quand ils veulent, cours qui débutent à 8h pour s’arrêter net à 10h. Résultat, les enfants du groupement Bandavilemba passent plus de temps sur la route qu’en classe.
Payés pour enseigner, absents pour enterrer.
Christophe Munyanderu, chef d’antenne de l’APDEF Irumu, ne mâche pas ses mots. Pour cet activiste des droits humains, ces pratiques violent délibérément le droit à l’éducation. “L’État congolais paie ces enseignants pour instruire, pas pour sacrifier une génération”, martèle-t-il. L’APDEF, qui protège les enfants et les femmes vulnérables, parle d’un sabotage de l’avenir.
L’APDEF réclame la tolérance zéro.
L’organisation exige une enquête urgente de la Sous-Division IRUMU 1 et des sanctions exemplaires. L’objectif : frapper fort pour que la peur change de camp. Si ceux qui enterrent l’école à 10h ne sont pas inquiétés, d’autres suivront. Et Irumu perdra ses enfants.
Bandavilemba ne peut pas mourir deux fois.
Le groupement subit déjà l’insécurité armée sur la RN4. Si l’école tombe à son tour, la jeunesse n’aura plus que deux choix : la brousse ou l’exil. Sauver les 2 heures de cours à Bandavilemba, c’est refuser de fabriquer les miliciens de demain. L’APDEF l’a dit : l’heure est grave.
David Belanda – Kivu Press 24
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