
La résurgence de la violence en plein cœur et à la périphérie de la ville de Beni suscite une vague d’indignation et de colère au sein de la communauté locale. Face à l’escalade des tueries de civils attribuées aux rebelles ADF, les voix s’élèvent pour exiger des sanctions immédiates et un changement radical de stratégie militaire. Parmi elles, celle du notable Stéphane Kakule Mathe, qui appelle ouvertement le Chef de l’État à limoger et à arrêter le commandement local des Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC).
Le ras-le-bol de ce digne fils de Beni fait suite à deux attaques sanglantes successives. La première a ciblé le quartier Ngadi, en pleine ville de Beni, dans la nuit du samedi 30 au dimanche 31 mai 2026. La seconde a endeuillé la localité de Mbau, dans le territoire de Beni, ce mercredi 3 juin. Pour Stéphane Mathe, l’audace de l’ennemi met à nu de graves failles sécuritaires qu’il juge intolérables.
Lors d’une interview accordée à la presse locale, il n’a pas caché sa sidération face à la passivité des forces de défense et de sécurité : « Il est inadmissible que l’ADF tue les gens en pleine ville, pire encore à seulement 5 minutes de la résidence du gouverneur militaire et du commandant secteur, et à moins de 10 minutes de la grande base de la MONUSCO », a-t-il fustigé avec véhémence.
Devant ce constat d’échec, le notable estime que le temps des excuses est révolu. Il invite formellement le Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi, à procéder sans délai au remplacement et à l’arrestation du commandant du secteur opérationnel Sokola 1 Grand Nord, le Général de brigade Muleke Mugisa Joseph. Selon lui, le renouvellement du leadership militaire est la première étape indispensable pour redonner confiance à la population et réorganiser le front.
Tout en présentant ses condoléances les plus attristées aux familles durement éplorées par ces drames à répétition, Stéphane Kakule Mathe a formulé une série de recommandations urgentes pour inverser la tendance : Un déploiement massif de troupes supplémentaires pour verrouiller les zones vulnérables, la traque et la pourchasse de l’ennemi en suivant rigoureusement sa trajectoire, plutôt que de rester dans une posture purement défensive ainsi qu’une redéfinition globale des plans opérationnels pour éradiquer définitivement ce fléau qui endeuille la région de Beni depuis 2014.
En parallèle, le notable a lancé un vibrant appel à la population locale, l’exhortant à une vigilance maximale et à la dénonciation systématique de tout mouvement suspect auprès des autorités.
Le message de Stéphane Mathe résonne comme un cri de détresse collective d’une population meurtrie mais debout :
« Trop c’est trop, il faut agir », a-t-il conclu. Reste à savoir si ce énième cri d’alarme trouvera un écho favorable auprès de la haute hiérarchie militaire à Kinshasa.
Rédaction
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