
Un an après la prise de la ville de Goma par les rebelles de l’AFC/M23, la situation sécuritaire à l’Est de la République démocratique du Congo demeure préoccupante.
Massacres de civils, violences armées et déplacements forcés de populations continuent de rythmer le quotidien des habitants du Nord-Kivu et de l’Ituri, dans un climat marqué par l’impunité et l’absence de réponses durables.
À Beni, le 26 janvier, une partie de la jeunesse congolaise, principalement issue de la Génération Z, est descendue dans la rue pour exprimer son ras-le-bol. À travers une manifestation pacifique, ces jeunes ont voulu interpeller le gouvernement congolais et la communauté internationale sur la persistance de l’insécurité à l’Est du pays et sur la nécessité d’actions concrètes pour mettre fin aux violences.

Les manifestants ont notamment exigé l’application effective de la résolution 2773 du Conseil de sécurité des Nations unies, l’imposition de sanctions contre le Rwanda, accusé de soutenir les groupes armés opérant sur le sol congolais, ainsi que l’ouverture de procédures judiciaires pour les crimes commis contre les populations civiles. Pour eux, la paix durable ne peut être envisagée sans justice ni reconnaissance des responsabilités.
Cependant, cette mobilisation citoyenne a été violemment réprimée. Le bilan fait état de 14 militants arrêtés et de plusieurs manifestants blessés. Une répression qui suscite l’indignation au sein des organisations de la société civile et renforce le sentiment d’injustice chez une jeunesse déjà éprouvée par des années de conflit.

Très active sur les réseaux sociaux et dans les mouvements citoyens, la Génération Z congolaise refuse désormais le silence face à ce qu’elle qualifie de banalisation de la violence à l’Est du pays. À travers cette mobilisation du 26 janvier, elle entend rappeler que la crise sécuritaire ne peut être reléguée au second plan et que la souveraineté nationale de la République démocratique du Congo n’est pas négociable.
Alors que Goma porte encore les stigmates de l’occupation rebelle et que Beni reste endeuillée par l’insécurité persistante, cette mobilisation de la jeunesse apparaît comme un signal fort : celui d’une génération décidée à faire entendre sa voix et à exiger des actes, au-delà des discours.
Moses Kighoma
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